30.11.13

Sozinho

Repara: sozinho é uma maneira de dizer, é cómodo dizer estou sozinho mas nada mais, é uma mentira como outra qualquer nunca estou sozinho sabendo-te aí, ali, aqui, sabendo-te viva e imaginando-te a respirar uma milionésima milésima parte do ar que eu respiro, sabendo que se hoje olhares para sul vês Orion e para norte a Polar exactamente como eu; e para oeste tens o mar e para norte a terra e para trás tantos sonhos e para a frente tanta solidão em comum.

Ninguém está sozinho se a sua pele tocou outra pele, os olhos olharam olhos, os sonhos sonharam os mesmos sonhos.

Princípio, meio e fim

Que o princípio se enrede no fim, o meio comece onde tudo acaba, tudo acabe onde nada começou, que por baixo seja por cima e pelo lado seja à frente e que à frente seja ontem e hoje seja amanhã e que de tarde seja como de manhã e de noite como de dia e no mar como em terra e na missa como no café e na biblioteca como no cinema e no jardim como à mesa ou na cozinha ou nas estrelas ou ali, subitamente, agora, já.

Que tudo acabe onde começou; antes do fim que tudo comece onde acabou antes do princípio, que tudo no meio seja como o todo é.

Que o todo sejas tu.

Diário de Bordos - Sitges, Catalunha, Espanha, 29-11-2013

Todos os cafés, bares e alguns restaurantes têm uma cor. A do Procópio, por exemplo, que é o meu bar favorito para sul do pólo Norte é preto, ou carmim, muito escuro; o El Cable, em Sitges, é amarelo.

Na verdade as cores vão do amarelo claro - no chão - ao castanho escuro do balcão. Há um bocadinho de branco, na fachada de azulejo do balcão e de preto, nos tonéis que decoram uma das paredes; de resto todas as cores estão dentro do leque que vai do dourado dos fritos ao ocre das madeiras.

As t-shirts dos empregados dizem que abriu em 1940; hoje não deve estar muito diferente. É raro, mas neste caso parece-me uma boa ideia.

O El Cable ganhou o primeiro prémio dos concursos Sitges Tapa a Tapa de 2011, 2012, 2013. Tenho, graças a deus, percebido porquê desde que aqui cheguei. E partilho a opinião dos júris.


(El Cable, C. Barcelona 1, Sitges)

28.11.13

Retrato barcelonês







Barcelone

Barcelone exaspère, énerve, éreinte. C’est une belle femme désastreusement habillée, un danseur qui aurait perdu un pied, une pièce magnifique d’une maison dont on a perdu la clé.

Elle a tout pour plaire et essaye de tout gâcher. N’y arrive pas, heureusement.








Pourquoi créer des frontières là où il y en a point ? Pourquoi échanger une langue qui a donné au monde des chefs-d’œuvre, une langue universelle, la langue de Borges, Vargas Llosa, García Marquez, Cervantès, Aleixandre, Cela (ou Manuel Vázquez Montalbán, puisqu’on y est) pour une langue que personne ne parle ?
Pourquoi se fermer quand on a tout pour être une ville ouverte, accueillante, cosmopolite?

Et comment fait-elle, pour être à la fin une ville ouverte, accueillante, cosmopolite ?

Je suis venu à Barcelone pour la première fois il y a trente ans. Le Barrio Chino où j’habitais avec Pablo et Ilse (les prénoms sont inventés ; je ne m’en souviens absolument pas) a depuis lors disparu, s’est transformé, « parfumé », comme me disait hier un vieux monsieur libraire à qui je demandais ce que le Barrio était devenu. Car je ne lui vois, depuis longtemps, aucune référence sur les cartes.

Pablo était espagnol (basque, aimait-il préciser, avec le même soin de fermer des portes que n’importe quel indépendantiste catalan) et parlait espagnol et français (il ne parlait pas basque, à son grand chagrin). Ilse était une interminable allemande, plus grande que lui d’au moins un empan, qui parlait anglais et allemand.

Tous deux étaient étudiants à l’école de mime et communiquaient entre eux en mimant. Leur vie quotidienne était mimée dans tous les détails, du choix de quoi manger à où aller ou quoi faire.

Barcelone était sauvage. On buvait du vin par les porros, les joins étaient interdits et donc fumés en cachette ou, au contraire, parfois, ouvertement, par défi et rébellion (et boisson). Il n’y avait pas de nouveau port et les rues de la Ciutat Vella n’étaient pas briquées et propres et gentrifiées comme aujourd’hui. Les nationalités se mélangeaient à corps perdus.

Je ne voyage que très rarement en touriste. Seulement en travail et j’ai toujours présent à l’esprit la blague du résidant : un type rêve qu’il meurt et va au ciel. Tout y est magnifique, sublime. Le temps, les femmes, les hommes. Il se réveille et se promet de bien se comporter, pour retourner au ciel une fois vraiment mort. Ce qui arrive quelques décennies plus tard. Mais le ciel a changé : le temps maussade, les femmes bégueules, les hommes ennuyeux. Il se plaint à un collègue, qui lui répond : quand tu es venu la première fois tu étais touriste. Maintenant tu es résidant.

Un jour j’ai découvert que Barcelone est irrémédiablement provincial. Je cherchais un bar où écouter du jazz et il y en avait pas un ouvert. J’ai fait toute la ville, à pied, en taxi, en bus. Le même jour j’avais demandé au propriétaire d’une chaîne de presse, vieille famille catalane, où ouvrir un bureau et il me répond « Je déteste te dire ça, mais Madrid sera mieux pour toi ».

Mon bar était la casa Quimet, qui avait trois cents guitares pendues au plafond. Elles étaient toutes en état de jouer. N’importe qui pouvait en prendre une et jouer (pour sa table). La première fois que j’y suis allé le barman a compris immédiatement que j’étais portugais, a annoncé « les gars, nous avons un portugais parmi nous » et les trois ou quatre tables occupées ont commencé à jouer de la musique portugaise, ensemble. Un des gars à une des tables lançait une idée et les autres suivaient. J’ai pleuré, en expliquant que c’était à cause d’Elephant Man que je venais juste de voir.

Nous avons réussi notre indépendance d’Espagne.

Aujourd’hui il y a Lee Konitz au Jamboree, en pleine Plaza Real. Mais les cartes nautiques doivent venir de Madrid.

Barcelone irrite, éreinte, énerve. Comment se fait-il que dans un port aussi important les cartes nautiques doivent être importées et d'une ville où il n'y a même pas de mer?

On fait du tourisme, on rentre do Parc Guell à pied, on se perd dans le quartier de Gracia. Dans une place quelqu’un organise un Balla Swing.






Les rues sont belles, arborisées malgré leur étroitesse, avec un café, une terrasse, un endroit où socialiser à tous les coins.

 



Dans les grands boulevards le trafic est fluide, rapide, nerveux.

On mange sublimement bien à Barcelone ; mais les restos ethniques ne sont pas légion : italiens, indiens, quelques chinois. Et le Bismillah Kebap, indien-pakistanais-kebab, probablement le meilleur rapport qualité-prix de toute ma vie, sans aucun doute le meilleur naan.

L’année passée on m’a volé le sac de l’ordinateur, à la station de Sants. Le voleur s’est aperçu qu’il était vide et est venu me le rendre. « J’ai trouvé quelqu’un en train de voler votre sac, Señor. Le voici ». Pensait-il que j’allais lui donner de l’argent parce qu’il m’a rendu le sac ? Oui.

Il y a quelque chose d’incroyablement naïf à Barcelone. Une naïveté quasi enfantine, finalement très belle, séduisante comme tout. Et il fait beau de se laisser séduire, de voir l'irritation se dissoudre, partir avec la lumière, la musique, omniprésente.







Doxa, mau cheiro

Point de doxa, si ça ne pue pas.

Não é doxa, se não cheira mal.

Réciprocité

Tu m'embrases, je t'embrasse.

Depressões, enguias

As depressões são como as enguias: vêm de todo o lado e vão desaguar à casa onde nasceram.

Diário de Bordos - Sitges, Catalunha, Espanha, 28-11-2013

Fui cortar o cabelo. É um acontecimento importante; só ocorre duas vezes por ano, nos lugares mais diversos: Costa Rica, Espanha, Brasil, para citar os três últimos.

O meu favorito até hoje foi o de S. Luís: cinco minutos. Cinco.

Hoje receei quando vi a senhora puxar um banquinho para o pé da minha cadeira e sentar-se nele. Mas acabou por ser rápido e agradável. Por onze euros cortou-me o cabelo e aparou-me as sobrancelhas. As duas. Parece que tenho os pelos muito compridos. É-me indiferente, na verdade; acredito na senhora: pelo aspecto já não tem idade para aventuras.

O ideal seria que os meus cabelos parassem de crescer, ou começassem a crescer mais devagar. Crescer e cair é que é inútil. Continuo a ter que cortar os que ficam.

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Dois maricas beijam-se na Bodeguita del Medio. Outros dois banham-se na praia - está frio, mas sol. Na praia al lado, a dos nudistas, um casal joga na areia àquele jogo das raquetes, uma espécie de ténis sem rede e um senhor toma banho.

Estou-me nas tintas para os maricas e para os nudistas (grupo que de resto integro quando estou em casa ou sozinho no mar). Mas gosto da liberdade. Uma sociedade livre não morrerá nunca.

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Mar.

Rico pobre

Só os extremamente ricos e os extremamente pobres podem fazer o que querem. Como já é tarde para ser muito rico, resta-me aproveitar a, e usufruir da, extrema pobreza.

Tolerante. Paciência

Cada vez sou mais. Cada vez tenho menos.

27.11.13

Coisas. Livre

Cada vez tenho menos. Cada vez sou mais.

Quase retrato

Uma pessoa mais lenta do que uma glaciação, e com a mesma capacidade de decisão.

Definições

A-mar: ausência de mar.
Amar-te: ausência de morte.

Sea

Sea's waiting for you.

Lizarran, casa

Em Palma, quando não queríamos ir jantar fora íamos jantar ao Lizarran...

26.11.13

A-mar

Por vezes penso no mar e apercebo-me de que sem ti não há mar. Há a-mar.

Quase retrato - II

Um sapo disfarçado de príncipe que decidiu manter a aparência de um sapo.

Uno aprende

"Después de un tiempo,
uno aprende la sutil diferencia
entre sostener una mano
y encadenar un alma,
y uno aprende
que el amor no significa acostarse
y una compañía no significa seguridad
y uno empieza a aprender...
Que los besos no son contratos
y los regalos no son promesas
y uno empieza a aceptar sus derrotas
con la cabeza alta y los ojos abiertos
y uno aprende a construir
todos sus caminos en el hoy,
porque el terreno del mañana
es demasiado inseguro para planes...
y los futuros tienen una forma de caerse
en la mitad.
Y después de un tiempo
uno aprende que si es demasiado,
hasta el calorcito del sol quema.
Así que uno planta su propio jardín
y decora su propia alma,
en lugar de esperar a que alguien le traiga flores.
Y uno aprende que realmente puede aguantar,
que uno realmente es fuerte,
que uno realmente vale,
y uno aprende y aprende...
y con cada día uno aprende"


(Via A. Vidal)

25.11.13

Diário de Bordos - Sitges, Catalunha, Espanha, 25-11-2013

Há simultaneamente qualquer coisa de triste e de relaxante numa estação balneária fora de época.