26.4.04

Sans titre

Petit à petit Arthur tomba amoureux de Marie-José. C’était un amour insidieux, “un amour moustique”, l’appelait-il: “on l’entend bien avant d’être piqué”. Arthur savait qu’il lui serait facile de s’en débarrasser, mais ne le voulait pas. Il avait envie de Marie-José, il avait envie de la calmer, de la conquérir, de lui démontrer combien, oh combien, elle était désirable non pas quand elle se croyait désirable, mais quand elle baissait la garde et devenait elle-même. Il aimait son intelligence ; et quand elle faisait comme si elle en n’était pas pourvue il avait envie de la noyer. Mais il savait qu’il la retiendrait au dernier moment, car il était amoureux d’elle et pour être amoureux de quelqu’un il suffit d’être amoureux des ses défauts.

Il avait envie de lui faire l’amour : il aurait certainement beaucoup de choses à lui apprendre, car Marie-José était très amoureuse d’elle-même et il faudrait lui apprendre l’autre. « Mais ça sera drôle », se disait-il, « car elle apprend vite ». Et l’amour est une question d’intelligence. Le corps n’en est que le véhicule. Une femme bête ne saura jamais faire l’amour : elle saura être lascive, tout au plus. Arthur soupçonnait une quantité inépuisable de sensualité chez Marie-José. Il l’aimait et il avait envie d’elle.