5.5.17

Fragmento

Je commence à développer des allergies, ce qui m'inquiète car chacun sait que les allergies sont l'antichambre de la mort. La vie est anti-allergique. Aujourd'hui, par exemple, j'étais chez Peter avec mes équipiers et soudainement je fus envahi par une vague de banalité. Un vrai tsunamis banalité. Je me suis retrouvé noyé, submergé, couvert par une banalité omniprésente, toute puissante. J'ai d'abord paniqué (enfin, presque. Ce qui chez moi tient lieu de panique) et ensuite pensé à Brando. "L'horreur! L'horreur!". Il aurait tout aussi bien pu dire "la banalité! La banalité!"

Il me fût difficile de sortir de cette hypnose, ce vertige, ce gouffre de banalité dans lequel je me suis retrouvé comme un noyé pris par un courant dont il connaît l'existence mais ne soupçonne pas la force.

Ils sont partis. Je me suis retrouvé seul et ai commandé un autre gin juste pour faire chier. Faire chier qui?, me demanderas-tu. Je ne sais et ne veut pas savoir. La vie, peut-être. Ce mélange de tinnitus et diabète qui m'empoisonne les rêves et ne donne même pas de sens au passé. La banalité, peut-être. Putain de banalité sans-fils, iPadée iPhonée iFoutue banalité. L'horreur, quoi. La peur.