23.5.16

Journal de Bords - Cabo San Lucas, Baja California Sur, Mexique, 23-05-2016

Ce post est écrit directement en français en hommage et remerciement à mes amis Clarisse, Alexis, Amaury et Louis (ça commence en ordre galant et continue en ordre alphabétique). Et Paul, naturellement, qui tout en étant pas là y était tout autant. Clarisse étant prof de Français je cours certains risques, mais ils sont plus que justifiés. Et puis, Clarisse, tu sais que tes suggestions sont plus que bienvenues...

Mon arrivée à Cabo fut difficile. (Difficile est un euphemisme). Je ne m'en serais jamais sorti tout seul. M. - qui, comme chacun sait, est l'initiale de Pénélope - m'a trouvé une chambre où passer la nuit et envoyé un peu d'argent. A l'exception de mes sacs, d'un paquet de cigarettes et d'une profonde sensation de délivrance je n'avais rien sur moi. J'ai passé une nuit de paix à Casa del Sol, dans un quartier tranquille de San Jose del Cabo, eloigné du centre et de tout ce que je venais de vivre. Le lendemain Alexis et ses amis sont arrivés.

Ils sont jeunes - vingt trois, vingt quatre ans - cultivés, éduqués, drôles, articulés, jeunes (ce n'est pas une distraction ni une redondance). Ils s'amusent et s'expriment également bien. Ceci peut paraître bête, mais je venais de passer deux mois avec des êtres dont le vocabulaire était limité. (Limité est un euphemisme généreux). Découvrir des personnes qui peuvent s'exprimer correctement, avec un lexique riche et des idées articulées fut pour moi un changement de planète.

J'avais besoin d'aide: de silence et de compagnie, d'argent, de normalité, d'humanité. Alexis et ses amis m'ont apporté tout ça en doses himalayennes, massives, sensibles, simples, joyeuses, jeunes. Rembourser l'argent sera facile - "les problèmes d'argent se règlent avec de l'argent", comme disent les Argentins. Rembourser le reste, à mes yeux beaucoup plus important, sera difficile. Et sera aussi un plaisir illimité.

Je ne suis pas un quinquado, néologisme horrible. J'aime mon age et ai finalement appris à vivre en paix avec moi-même. "C'est ce qu'il y a", comme me disait récemment un proche. Mais je sais reconnaître la valeur des personnes que je rencontre et sais, surtout, qu'elle n'a pas d'age.